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Une première vente privée solidaire réussie

Les 20 et 21 mai derniers, Partagence une effervescence toute particulière en inaugurant, un an après une opération « boutique éphémère » à Paris, sa première vente privée solidaire. Elle s’est tenue sur la commune de Moret sur Loing (au sud de Fontainebleau, en Seine et Marne), sur le site même de l’association Les Brandons (un centre d’accueil pour adolescents). Grâce à certains de ses contributeurs - des entreprises partenaires en dons en nature - des produits neufs tels que, par exemple, des vêtements, des ustensiles de vaisselle, du linge de maison ont été proposés aux visiteurs. En achetant bon nombre de ces produits, cent-dix personnes ont ainsi contribué au financement des actions de l’ONG, laquelle a laissé une partie de sa recette à l’association morétaine pour son implication partenaire à cet événement.

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Rencontre avec cinq familles sinistrées

Contigüe à Nemours, la petite ville de Saint Pierre-lès-Nemours n’a pas connu la même médiatisation que sa voisine au moment de la crue de juin 2016. Et pourtant ! Les riverains du Loing ont été littéralement submergés : sur les 75 familles aidées par l’association dans le sud Seine-et-Marne, 29 y habitent. Rencontres avec cinq d’entre elles à l’occasion d’une distribution.

Mireille : « On a besoin de sortir de l’ombre »

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Mireille est toujours en colère. Parce qu’elle n’a pas été prévenue de l’arrivée de la crue et parce que la mairie ne s’est pas occupée d’eux. « J’ai eu 1m35 d’eau dans la maison, tout était foutu ». En décembre dernier, à l’approche des fêtes, elle poussait un « coup de gueule » dans le journal local pour dénoncer la situation de détresse de dizaines de sinistrés. C’est d’ailleurs à la suite de cet article que le lien s’est créé avec Partagence et que le programme s’est déployé sur la commune. Mireille a hésité avant de se déclarer comme sinistrée auprès de la mairie car elle considérait que « d’autres avait plus besoin d’aide » qu’elle. Elle a néanmoins voulu « sortir de l’ombre pour enfin être reconnue comme victime ». Prochaine étape pour Mireille : créer un collectif de vigilance avec les riverains pour se défendre et se faire entendre.

Don de Partagence : table basse, commode, meuble bas.

Nathalie : « Je ne voulais plus revenir, j’avais peur »

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Nathalie a retrouvé le sourire. Après des mois de galère, elle est revenue habiter chez elle le 15 février dernier avec son mari et ses fils de 8 et 10 ans. Le 1er juin dernier, en conduisant ses enfants chez une amie, elle a été bloquée par la montée de l’eau. Elle a laissé ses fils en sécurité pour revenir chercher son chien et quelques affaires, en mettant « une serpillère sur le pas de la porte pour éponger au cas où ». Elle ne se doutait pas qu’il allait y avoir 1m30 d’eau dans sa maison. Son mari absent au moment de crue, elle a dû gérer la situation seule et cela n’a pas été facile. Pendant plusieurs mois, ils ont pris une location. « J’ai voulu vendre, j’avais peur, je ne voulais plus vivre ici ». Pour remettre la maison en état, les entrepreneurs ont du tout casser et ne « laisser que les 4 murs » avant de tout réaménager à neuf pour enfin repartir. C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle a accueilli l’équipe de Partagence.

Don de Partagence : deux chambres complètes pour enfant (armoire, lit, chevet), du linge de maison, une table basse.

Josette et Gérald : « A 70 ans, c’est dur de tout recommencer »

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Josette et Gérald ont quitté leur domicile précipitamment. De l’eau jusqu’à la poitrine, ils ont rejoint la colline en face de chez eux pour se mettre au sec. « Tout s’est passé très vite, on a été pris par surprise. On a embarqué les médicaments et le porte-monnaie et on est partis ». Ils disent avoir été choqués pendant un mois après la catastrophe. « On a tout perdu, les meubles de famille, les vitres de la véranda ont explosé sous la pression des 2 mètres d’eau ». Jusqu’au 1er janvier, ils ont vécu dans un gîte mais ils en sont partis car l’assurance ne leur remboursait plus les loyers. Aujourd’hui, les travaux ne sont pas terminés, alors « ils campent ». « On n’a pas voulu demander d’aide, c’est pas dans nos habitudes ». Courageusement, ils essaient de reprendre une vie normale, même si à « 70 ans, tout recommencer depuis le début, c’est dur ».

Don de Partagence : bureau, bibliothèque, commodes basse, table basse, table de chevet.

Jacques : « J’ai failli mourir »

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« J’ai failli mourir ». Ce sont les premiers mots de Jacques lorsqu’il évoque la crue. En moins d’une demi-heure, il a vu l’eau envahir sa maison, sa voiture emportée par le courant, son imposant buffet projeté au plafond. « Je suis monté sur la table de la salle à manger avec mon chien, j’avais de l’eau jusqu’au cou, elle était glaciale ». Panique. Il a réussi à sortir, son chien au bout d’une laisse, pour se réfugier sur un muret. Un bénévole est venu le sauver. Quelques jours plus tard, il a failli faire une pneumonie. Après avoir été hébergé par son fils, il est rentré chez lui début janvier. Aujourd’hui, Jacques est pessimiste ; il a peur que cela se reproduise.

Don de Partagence : 2 armoires, une table basse, une commode.

Suzette : « Je n’ai pas eu le temps de réagir ».

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« Personne ne m’a prévenue ». Partie promener son chien au bout de la rue, Suzette a vu un attroupement de badauds observant la montée des eaux. Elle est vite retournée chez elle pour « monter deux, trois bricoles sur la table » et « en trente minutes l’eau est entrée dans la maison comme une vague ». « Je n’ai pas eu le temps de réagir ».1m10 au rez-de-chaussée. Emmenée au centre socio-culturel, elle est revenue deux jours plus tard pour constater les dégâts et dix jours après pour nettoyer. « Ça sentait mauvais, il faisait froid ». Jusqu’au mois d’octobre, elle a vécu chez son frère. Aujourd’hui, elle occupe surtout l’étage dans l’attente des travaux qui débuteront dans les prochaines semaines. Discrète, Suzette n’a pas souhaité être prise en photo mais elle a accepté que l’on montre son salon, presque en l’état post-crue

Don de Partagence : une armoire.

 

Notre action de post urgence en Seine et Marne médiatisée…

Le journal hebdomadaire La République de Seine et Marne a bien compris l’importance de notre action auprès des sinistrés de plusieurs communes du sud seine et marnais. A trois reprises, il nous a ouvert ses colonnes, la dernière datant du 20 février par une page entièrement consacrée aux distributions organisées pour des habitants de Saint Pierre las Nemours. Pour lire l’article cliquer ici.  

Fabienne Drouet: « Notre rôle est primordial pour les sinistrés »

Fabienne Drouet, bénévole au sein de Partagence, coordonne le programme de post urgence mis en place en juillet 2016 dans le sud de la Seine et Marne. Elle revient sur l'épisode douloureux des inondations, ses conséquences et l'action menée auprès des sinistrés depuis huit mois.

Les inondations sur la commune de Moret sur Loing, ça vous parle puisque vous y habitez. Comment avez-vous vécu cet événement ?

J’habite en effet dans le centre de la commune bien touchée par la crue.  L’intérieur de ma maison n’a pas été inondé mais l’eau est montée dans ma cave et j’ai eu très peur. Peu impactée par la catastrophe, j’ai souhaité apporter un soutien aux sinistrés en leur offrant quotidiennement un café, en tentant d’obtenir des informations sur les aides qu’ils pouvaient recevoir. Certains avaient jusqu’à 1,80 m d’eau chez eux, je n’avais jamais vu ça, tout était ravagé et j’étais bouleversée…

Et puis, vous avez rencontré l'association Partagence...

Au cours du mois de juillet, une amie m’a transmis l’article du journal local qui présentait l’action de Partagence. Sans hésiter, j’ai contacté l’association car beaucoup de sinistrés étaient en grande difficulté matérielle et aucune structure ne semblait s’en préoccuper. Voilà comment, il y a huit mois, je suis devenue bénévole pour Partagence avant de me voir confier le suivi de son programme d’aide de post urgence, sur place.

Quelle est la situation actuelle des sinistrés ?

Tout le monde pense que tout va bien mais les sinistrés sont usés, épuisés moralement. Certains ont retrouvé leur domicile et essaient de reprendre une vie normale. Alors que les dégâts datent de plus de huit mois, d’autres se battent encore avec les assurances pour faire avancer les travaux et réintégrer leur habitation. Ils sont tous marqués par les événements, bien sûr, mais aussi par tout ce que cela a engendré. En quelques heures, ils ont vu leur vie basculer et cela a été très difficile à supporter. Au-delà des dégâts matériels, les dégâts psychologiques se font ressentir. Les femmes sont très attristées par la perte des photos de famille, des vêtements, des souvenirs, les hommes affectés par leur impuissance à protéger leur foyer. Cette accumulation a généré chez certains des problèmes de santé. Un contrecoup comme une double peine.

Comment s'organise l'action ?

A l’heure actuelle, nous aidons une soixantaine de familles dans plusieurs communes autour de Moret-sur-Loing. Notre action va se poursuivre en fonction des retours des services sociaux d’autres communes qui ont identifié des besoins. Avec Partagence, nous n’apportons pas que du matériel neuf mais aussi du réconfort. Huit jours après les inondations, la mobilisation s’est vite atténuée et les sinistrés ont ressenti un grand vide.

Je suppose que la démarche est bien accueillie...

Qu’une association les aide plusieurs mois après, ça les touche énormément d’autant que certaines familles n’ont vu aucune organisation leur rendre visite depuis la montée des eaux. Le rôle de Partagence est devenu primordial. Ainsi, ils ont enfin le sentiment d’être reconnus comme victime, d’avoir un statut de sinistrés et de tout ce que cela implique. Aussi une reconnaissance qu’ils ne perçoivent pas forcément du côté des pouvoirs publics ou des assureurs. Un point positif, cet épisode a permis de créer un véritable réseau de solidarité et d’entraide. Dans l’adversité, de nouvelles amitiés sont nées.

Dans le cadre d'une opération du journal La République de Seine et Marne, Fabienne Drouet a été élue par les internautes parmi les six "personnalités sud seine et marnaises les plus solidaires pour l'année 2016" pour son implication auprès des sinistrés.

Propos recueillis par Claire DELESTRADE

16/02/2017

Trois questions à Cécile Cantrelle, PDG d'Alsapan

Alsapan soutient les actions de Partagence depuis fin 2015. Six opérations de déstockage ont été organisées jusqu'à présent en faveur de nos deux programmes de post urgence en France.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Alsapan est une entreprise familiale alsacienne créée en 1972. Nous fabriquons des meubles en kit, des plans de travail et des revêtements de sol que nous distribuons auprès de grandes surfaces de bricolage, d'enseignes d'ameublement et de négoces de matériaux. Basée sur l'éco-responsabilité, notre production se déploie sur 5 sites en France et 1 en Russie. Nous employons 800 salariés.

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager aux côtés de Partagence ?

Depuis sa création, Alsapan soutient les personnes en difficulté conformément à ses valeurs. Notre activité étant liée à l'habitat, il nous a semblé cohérent de nous engager aux côtés de Partagence afin de répondre à des besoins bien identifiés comme ceux  des sinistrés dont le logement a été partiellement ou totalement endommagé. L'association a la capacité de stocker nos produits qui sont volumineux, cela facilite les dons et la logistique. Enfin, parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien, le crédit d'impôt est également une des motivations de notre action de mécénat.

Quelle visibilité donnez-vous à cet engagement ?

A la demande de nos actionnaires, nous allons cette année pour la première fois valoriser notre démarche RSE. Via notre magazine interne, nous informerons nos collaborateurs de nos différentes actions de solidarité. Ceux-ci relayeront l'information auprès de nos clients et de nos fournisseurs. Cela peut être un moyen de faire connaître les missions de Partagence et, pourquoi pas, de susciter l'engagement de nouvelles entreprises !

13/01/2017